Josué et Philippe, deux amis d'enfance, se paient un tour du monde l'année de leur 30 ans.
11 mois de congé sabbatique :)
Leurs comptes twitter : @jozue et @c__phil
Leur :site (toujours en développement) : http://www.11moissanstoi.com

une partie des photos sont là :
http://www.flickr.com/photos/jozuejosh/

{Merci à Marianne de l'équipe Fcinq pour l'illustration}

Toute ma vie sans toi.


Ce matin le coup de téléphone que j’ai redouté tout au long de notre voyage m’a finalement réveillé.

Alors, il est très certainement temps que je raconte l’autre histoire d’11 mois sans toi(t), parce que ce drame aura fait partie de mon voyage.

Moins d’un mois avant notre départ, ma mère découvrait qu’elle était atteinte d’un cancer des poumons en phase terminale. Ironie du sort quand on sait qu’elle n’a jamais fumé une cigarette de sa vie. 

J’aurais pu lire un mauvais présage bien avant alors que j’achetais ce nom de domaine, les résultats de recherche google lorsqu’on tape “11 mois sans toi” étant lié directement à la disparition de personnes aimées.

Ce titre, aux allures romantiques, a donc pris un tout autre sens dès mon départ. C’était 11 mois sans toi, maman.

Elle était cette raison pour laquelle il fallait absolument que je rentre. 

Et j’aurais eu la chance de la revoir à mon retour.



A 6h ce matin donc, La France a perdu une grande dame, une femme forte et courageuse, dévouée et pleine d’amour, ma mère. 

C’est sûrement un peu glauque d’en faire un article, mais je ne savais pas comment te l’annoncer, à toi qui l’a connue et appréciée.

Son enterrement aura lieu <edit>lundi 10 octobre</edit> prochain, donc si tu veux lui rendre un dernier hommage, une dernière fois, tu seras le bienvenue. 

Je n’écris pas cet article pour qu’on me plaigne ou pour faire réagir, juste pour t’informer sans avoir à te passer un coup de téléphone pénible (d’ailleurs si tu peux prévenir les autres je t’en remercie d’avance).


Pas la peine de m’appeler donc.
Moi, je vais bien.

par @jozue



PS : pour finir sur une note positive, et parce que la vie continue, on se retrouvera pour un bonne nouvelle, ma pendaison de crémaillère le week end du 13 octobre, ou par là (ouais, j’ai trouvé un appart’). 

Dernier tour de piste



Refaire une dernière fois mon sac.

Prendre ce vingtième et dernier avion (non, il n’est pas beau mon bilan carbone).

Et te retrouver, toi, Paris.

C’est sûrement bête, mais je ressens comme une angoisse qui n’a rien de très rationnel quant à nos retrouvailles demain.

Je suis tout émotion, j’ai “les boules” face à ce retour sans trop savoir pourquoi.

Pourtant, j’adorais ma vie parisienne, elle ne laissait jamais de place à ma solitude: entre ma passion pour mon travail sans limite d’horaires, et mon amour de nuits sans fin entourées de mes amis.
Donc, c’est sûr, je vais aimer la retrouver.

Ceci dit, je m’étais fait à refaire ce sac, à n’être personne d’autre qu’un énième voyageur, et reconstruire, toujours, un petit bout de mon chez moi ailleurs.

Seulement toutes les bonnes choses ont une fin, et celle de mon voyage est demain.

Comme le veut la tradition chez 11 mois sans toi(t) -même si mon compagnon de route est rentré depuis une semaine- à tout dernier soir dans un pays, une dernière soirée, comme un dernier tour de piste, du coup ce soir j’expérimente “Sofia’s nightlife”. Et ça promet. 

J’y vais avec ma cousine germaine par alliance (ouais tout ça), et elle m’a promis un retour au petit matin.

T’inquiète j’ferais pas de conneries, elle est mariée à un bodybuilder bulgare (c’est marrant comme ce genre de définition stimule tout de suite l’imagination, non ?)

Alors il me reste bien deux articles et quatre vidéos à finir (pfff), mais promis je ferais ça discrètement, parce que, dès demain, j’arrête l’auto-promo pour 11 mois sans toi(t), j’ai réussi à m’auto-gaver avec ça…

Bref, je voulais juste vous dire merci à tous : à toi qui nous as lu, à toi qui nous as soutenu, à toi qui nous as accueillis, à toi qui nous as rejoins, à toi qui es devenu mon ami(e).

Même si je ne me sens pas vraiment prêt pour ça, je te dis à demain.

Et puis on verra bien.


par @jozue 

Les français savent danser



Quand on parle de tour du monde, on a souvent en tête « Where the hell is Matt » et sa danse ridicule et sans complexe dans les endroits les plus insolites. Mais en réalité je ne vais pas vraiment parler de ça.
J’ai commencé cet article il y a un petit bout de temps, alors que Didier, l’un de nos –précieux - lecteurs réguliers nous demandait comment l’on voyait l’actualité internationale de là où nous étions.

En dehors des catastrophes naturelles qui se déroulaient à l’époque, la BBC et les autres chaînes d’infos internationales relayaient l’affaire des quotas de l’équipe de France et également les sondages donnant le FN au deuxième tour des présidentielles de l’année prochaine.
Alors si maintenant j’ai un blog, je vais essayer de le rendre utile.


Je ne comprends pas le racisme.

A l’inverse, je comprends qu’il soit difficile de se sentir français quand on est issu d’origine étrangère.
Je m’appelle Josué, et avec ma tête de citoyen du monde, dans une discussion classique, après que l’on m’ait demandé mon prénom, mon interlocuteur va quasi-systématiquement me demander « t’es quoi ? » ou « tu viens d’où ? ». Je réponds toujours « Français », ce qui provoque parfois des petits rires, croyant à une réponse ironique. Autant vous dire que je déteste que l’on introduise une rencontre avec cette question, car elle induit : « tu n’es pas français » et également que mon origine serait ce qui va me déterminer le plus. Plus que mes passions, mes études, mon travail, mes amis, et là où j’ai vraiment grandi.  
Et combien de fois, alors que je suis avec des amis d’origines étrangères, c’est la même chose. Et l’interlocuteur  débute une discussion sur le pays d’origine alors, qu’en général, mes amis –comme moi- viennent juste de Marne-la-vallée, et ont bien d’autres choses plus intéressantes à raconter. Le « bled » comme on dit, parfois ils n’y sont quasiment jamais allés.
Mais à force de renvoyer ce message, que l’on ne s’étonne pas que par exemple, mon ami Ali ait toujours eu du mal à dire qu’il était français.
Parce que le problème ne vient pas vraiment de lui, mais plutôt de vous. Donc de Nous.
Nous, La France pour laquelle ma famille a combattu. Ces braves gens issus du milieu ouvrier agricole sans éducation ont toujours cru dans nos valeurs de « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Cela donnera-t il plus de poids à mes propos si je dis que mes deux grands pères ont servi pendant la deuxième guerre mondiale et que mon arrière grand-père a été décoré de la médaille d’honneur avec quatre citations pendant la première ?
Pas vraiment, mais au moins, on ne pourra pas m’enlever la légitimité de faire la morale.

La constituante la plus importante de notre identité française, à l’heure de la mondialisation, n’est quasiment qu’une manière de penser lié au droit du sol : c’est croire dans cette devise « liberté, égalité, fraternité » et être prêt à la défendre, peu importe l’âge où l’on a acquit la nationalité par le papier.
La nation est de toute façon une notion complètement obsolète : les entreprises et leurs dégâts n’ont, eux, pas de frontières.
Il est grand temps d’arrêter d’être stupides, égo-centrés et renfermés.
Ma France, tu m’as déjà déçue. Tu m’as poussé aux larmes un soir de 21 avril 2011.

Et je repense à la joie de 98. Quel contraste…

C’est d’ailleurs la métaphore la plus correct pour parler de la France d’aujourd’hui : son équipe de football.
Elle est composée quasiment toujours, sur le papier, des meilleurs individualités.
Malheureusement elle fait parfois preuve d’une fierté française typique, très critique les uns envers les autres, et parfois, souvent, d’un manque d’esprit d’équipe, empreinte de jalousie, et d’un manque d’envie ou d’ambition collective.
Il faut dire que cette équipe est abandonnée à elle-même, sans soutien ni ferveur nationale, car un français de base se sentira plus malin de ne pas l’aimer, de la critiquer, ou encore d’être pour l’adversaire que de la supporter coûte que coûte.
Ce poison, cette mentalité, est pour moi tellement caractéristique de notre pays. Elle est également la raison majeure de fuites à l’étranger de gens de grandes qualités (parfois issus de l’immigration), français de l’étranger, expats, que je rencontre régulièrement, et notamment ici à Bali, fatigués d’entreprendre dans un pays viciés par cette mentalité individualiste, aigrie et résignée.

Alors de l’autre bout du monde, en 2011, je m’aperçois qu’en France l’on parle encore d’intégration…
Je suis allé dans des pays où la mixité existe en y étant bien plus injuste et discriminatoire : les Etats-Unis et le Brésil. Pourtant là-bas, on ne remettra pas en cause que Ronaldo est brésilien ou que Michael Jordan est américain.
Et, pour prendre l’exemple du Brésil, quand l’équipe nationale joue, ou quand vient le carnaval, ils seront tous unis, danseront, chanteront, célébreront ou perdront tous ensemble.
D’ailleurs, en allant au Brésil, j’avais envie de vérifier un autre préjugé, ce stéréotype comme quoi les brésiliens seraient touchés par une espèce de grâce divine qui ferait qu’ils dansent tous à merveille et aient tous le sens du rythme.
Je suis allé dans cette fête de quartier, un bloco à Rio (une espèce de mini carnaval en vue du vrai quelques mois après) et suis également beaucoup sorti à Lapa, ou encore dans les différents quartiers, où l’on peut aussi bien danser au milieu des groupes de rue improvisés que dans les clubs de samba. Est-ce que tout le monde danse à la perfection ? Non, mais TOUT le monde (riche ou pauvre) danse. TOUT le monde chante (c’est d’ailleurs à cela que l’on repère les touristes : seuls à ne pas connaitre les paroles) et cela donne cet effet de groupe où l’on a l’impression que tout le monde est beau et que tous dansent à la perfection. (Ca me rappelle un épisode de How I Met Your Mother mais je ne l’ai pas encore retrouvé).
 
J’aime bien danser. Je n’ai bien entendu pas le niveau de mon pote Alexandre, mais je ne me débrouille pas trop mal. Il faut dire que j’ai appris dans ma jeunesse au contact de gens comme la famille Oueffio, les frères San et Mathurin, des français, enrichis par la culture d’origine de leurs parents, créoles, cambodgiens ou encore africains, mais dont les qualités des pas étaient surtout liés à vouloir faire mieux chez nous, dans notre « melting pot » de banlieue que ce que l’on pouvait voir des Etats-Unis (ceux à qui l’on ressemblait le plus).
Et du coup, avec mes pas venus d’ailleurs, originaires de cette mixité, que ce soit dans une soirée Hip-Hop à Los Angeles, ou à Rio, mais aussi partout ailleurs, j’étais plutôt très à l’aise.
Mon point n’est pas tellement sur ma manière de danser, car mon compagnon de voyage Philippe est lui moins vernis au niveau de son sens du rythme –il est le premier à le reconnaitre- mais tous les français savent danser : en France, tout le monde -tout comme Philippe- a son petit pas, son petit « move » (celui qui accessoirement permettra peut-être de ne pas rentrer seul en fin de soirée). Pourtant, ensemble, nous sommes devenus une nation sans ferveur, sans joie de vivre simple.
J’aurais envie qu’on communie, que l’on n’ait pas peur de son voisin (comme ici à Bali), quand je vois les tee-shirts ici à propos des contrefaçons : « same, same but different » j’ai envie qu’on pense d’autrui : « different, diferent but same ».
J’en ai marre que l’on émette des doutes, que l’on ne se considère pas tous de la même patrie.
Alors que de nos jours, être un français qui voyage dans le monde, c’est être définit par le plus célèbre : Zinedine Zidane.
Et le monde nous envie.

Et le monde nous attend.
Face aux ravages de la mondialisation et la montée des extrémismes, quel pays aurait aujourd’hui la possibilité et la légitimité d’éloigner notre planète du gouffre vers lequel elle se dirige lentement, en étant crédible économiquement et diplomatiquement ?
Pour en avoir discuté avec des allemands, on le sait, c’est la France, et par extension la France-Allemagne.
En parlant du monde qui se créer son propre  gouffre ou qui s’en approche, pour moi, en réalité, notre monde a déjà chuté, il est en pleine chute libre depuis plusieurs années. Et quand on chute depuis si longtemps, on ne s’en rend plus compte… Jusqu’à l’atterrissage ?…

Bref, il est temps. On le sait.
Mais quelque part, aujourd’hui, une grande partie des français (surtout chez les jeunes) croit et attend un peu la « Fin du monde ». Car ils sont également convaincus de l’inefficacité de leurs moyens d’actions. « Qu’est-ce que je peux y faire alors que j’ai déjà du mal à trouver un travail qui ne soit pas précaire. »

Et en France, on se trompe de combat, comme bien souvent.
C’est la loi du plus fort, ou pour employer des mots plus récents du « meilleur réseau d’influence».
Prenons l’exemple de l’époque des grèves (vu de l’étranger) au sujet de la retraite à 60 ans –qui de toute façon ne touchera qu’une minime partie d’entre nous- et pour laquelle la France a été paralysée, alors que dans le même temps, on laisse passer le paquet fiscale et surtout la transformation d’emplois stables en « auto-entrepreneurs », ce qui, croyez moi et le niveau plus élevé de la précarité. Quand on est auto-entrepreneur,  personne ne vous protège, pas de syndicat, et pas non plus de primes de fin de contrat, ni de chômage.
Diviser pour mieux exploiter.
Seuls de vieux mécanismes, des syndicats obsolètes et des partis politiques sans réelles compétences et loin de leurs valeurs d’antan nous représentent. D’ailleurs les gens ne savent plus vraiment pourquoi ils votent pour tel ou tel parti, les idées n’ont plus d’importance, c’est bien souvent par simple reproduction familiale. Comme si voter était inscrit dans notre patrimoine génétique.
Ca vous dirait en 2012 de tenter de croire vraiment dans qui vous votez ?

Parce que j’ai quand même de l’espoir.
 
J’espère en Europe Ecologie représenté par Eva Joly.
Je me suis mis à croire dans ce rassemblement de gens et d’associations compétentes et justes ; dans l’espoir,  qu’un jour ce monde soit géré avec un peu plus de conscience, et ne plus laisser agir l’économie de marché telle qu’elle est aujourd’hui. Car elle n’a pour seul objectif que de faire gagner un maximum d’argent à certains, et ce, sans se préoccuper de la qualité du travail délivré, ni des dommages collatéraux.
Bref, notre système est une escroquerie légalisée.

Et faisant un voyage comme le mien, je n’en reviendrais que plus inquiet.
Il est pourtant faisable d’améliorer ce système, sans être trop utopique; enfin sortir un parachute pour freiner la plongée déjà entamée.

L’autre espoir, il est en toi, en moi, nous devant nos écrans. Parce qu’il n’y a pas que l’économie ou la politique qui puisse donner une vie plus agréable, donc j’aimerais qu’on se promette d’essayer d’évoluer, d’essayer de petites choses qui pourraient améliorer notre quotidien.
Exemple: se limiter à 2 critiques par jour ? Ou encore, si la France gagne la coupe d’Europe de football en 2012, je promets de sourire aux gens dans le métro. (J’ai crée un groupe FB là)
Je déconne et en même temps on peut tous trouver une manière d’améliorer un peu le quotidien de chacun.
Ah oui, et puis si vous n’arrivez pas à vous empêcher de demander à quelqu’un quels sont ses origines, préférez « tu es de quelle(s) origine(s) ? » à « t’es d’où », ce sera déjà ça…

J’ai trouvé une partie de la recette du bonheur ici à Bali, qui n’est ni dans l’argent, ni les médocs, ni la drogue, ni dans un rapport de dominance.
Si j’ai une prière à faire au Dieu des Internets, c’est que les français prennent plaisir à discuter, partager, (danser ?) et espérer ensemble. Que l’on réalise la chance mais aussi la responsabilité qu’a notre patrie vis-à-vis de notre planète, et que l’on se mette enfin à agir.


Alors on danse ?

par @jozue

PS : Article sous l’angoisse montante de l ‘approche de la date du retour qui ne se compte maintenant plus qu’en jours.
[Mais t’inquiète, je profite !]

L’inde deuxième partie, 1min 40s de rêve indien. 

AVOIR EU 30 ANS



La prochaine fois que j’écris quelque chose d’aussi long, promis, j’en fais un roman.
 
A ceux qui me demanderaient comment ça va, je répondrais qu’en ce moment, je me sens très Sébastien Tellier :) Même si je ne suis pas sûr que ça ait vraiment un sens.
En tout cas, j’suis bien content que lui et sa Ritournelle aient fait leur retour dans mon lecteur MP3 depuis Bombay.
Il y a pas peut être aussi que ma tondeuse à cheveux (et barbe) a craché ses dernières étincelles -et un petit nuage de fumée- avant de s’éteindre définitivement à Bangkok. Du coup, niveau look, j’suis plutôt parti pour lui ressembler, à Tellier. Enfin, t’inquiète, je porte un chapeau pour cacher le désastre.
(Et ok, j’exagère un poil.)

Tu l’as compris notre vie est dure, on se farcit couché de soleil sur couché de soleil, et avons fêté notre 8ème mois sans toi(t) et nos 31 ans il y un petit mois…
Un truc à savoir, si ça te tente de voyager un bout de temps, genre plus de 6 mois, un peu comme nous, c’est que, t’as beau avoir tout ce que tu veux dans ta vie, être à priori heureux, solide, à un moment dans le voyage, tu te remets en cause, tu réfléchis sur ta vie tout ça quoi. Tout comme les bulles finissent toujours par remonter à la surface d’un verre de Coca, les souvenirs resurgissent à un moment ou à un autre. Enfin surtout si t’es quelqu’un comme moi… Mais j’y reviendrais.
 Bref, c’est inévitable, alors passons au (x?) bilan.
Alors les 30 ans ?

L’année de la trentaine, tout le monde fait du blé avec ça – on se demande comment se porterait la variété française sans ce thème, tout comme les séries US pour adulescents : friends (en son temps) et How I met Your Mother plus récemment. Et puis, il y a toutes ces pubs avec le beau-gosse-dynamique-gilette-for-men qui, à défaut de faire acheter ses crèmes, renvoie quand même l’idée que c’est frais d’avoir trente ans.
Mais ne t’inquiète pas, je ne vais pas chercher à te faire acheter du produit anti-ride avec cet article.

Mon histoire est un cliché.
Alors si je me dis que ça vaut le coup de la raconter c’est parce qu’il y a peut être de bons clichés, des clichés qui peuvent redonner un truc qui manque en France, un peu d’espoir. Parce que le reste de cet article ne va pas être une complainte, mais l’histoire d’un mec qui va bien.
Alors, je me rends bien compte que raconter son histoire comme ça, c’est hyper égocentrique.
[Par ailleurs, j’ai la chance de rencontrer des gens avec des histoires assez passionantes : , , et par exemple]
Mais, un peu à l’image de cette année sabbatique, je n’ai voulu la consacrer qu’à moi.
C’était et c’est mon année égoïste.
J’ai, pendant un moment, pensé consacrer quelques semaines à aider une asso, pensant que j’avais le temps, mais finalement, (et je l’ai déjà fait par le passé et le referais dans le futur) j’ai décidé que cette année, je ne la consacrerais qu’à m’aider, moi.
M’aider, moi… Mais qui suis-je ?

Je suis né à 3 ans, dans un hôpital de Noisy-le-Grand.
Ce sont mes premiers souvenirs, je découvre et apprends alors le mot « hélicoptère » que je vois à la fenêtre, j’aime bien le design de cet engin même si je n’ai pas encore conscience de ce qu’est le design. Le « grand » (8 ans peut être ?) qui m’apprend ce mot et partage ma chambre, est cloué au lit, les jambes sous  des espèces de protection, comme si rien ne devait rentrer en contact avec elles.

Il paraît que je suis entré à l’hôpital en étant « un petit garçon adorable » en suis ressortit « beaucoup plus énervé ».
 A l’hôpital, on m’a d’abord opéré une fois, pour essayer de réparer mon rein gauche, puis une deuxième fois, de retour en urgence à l’hôpital pour l’enlever.
J’ai appris là-bas l’ennui, le manque de ses proches, et n’est jamais lâché l’idée qu’à une autre époque la sélection naturelle ne m’aurait pas laissé passer.

A 9 ans, je découvrais le mot « surendetté ».
Faut dire qu’il fallait déjà piger « avoir des dettes », et puis, en avoir trop.
Donc oui, je suis aussi un enfant de la crise. D’ailleurs, les gens n’ont jamais eu que ce mot à la bouche.
Dans nos moments les plus difficiles, j’ai vu des gens laisser devant notre porte des cartons de nourritures parce que mes parents n’avaient plus les moyens d’aller faire les courses, mon père étant au chômage et ma mère travaillant comme garde d’enfants.
 Comme mon ami Ali disait : « de la misère il en existe pas mal derrière les murs de nos petits pavillons de banlieues, parfois plus que dans nos cités. »
Quoiqu’il en soit à l’époque je lisais dans les yeux de mes grands frères qu’on était dans la merde.
J’allais comprendre l’importance de faire des études quand mon père retrouvait du travail via des chasseurs de tête qui étaient en quête d’un major de promo d’un DESS qu’il avait effectué en cours du soir.
Alors c’est bien simple, mes frangins et moi, on a été dopé aux études, c’était le truc le plus important pour mes parents. Peu importe que je finisse avec un avertissement discipline à chaque fin de trimestre si je passais dans la classe supérieure en maintenant mon 13 de moyenne (ça a duré un moment).
Plus tard, mes frères ont placé la barre haut. Leur palmarès : le plus grand a un diplôme d’une (petite) école de commerce effectué en alternance chez KFC qui s’implantait à peine, puis il a passé un diplôme d’expert comptable en cours du soir, et fini en ce moment son MBA chez HEC alors qu’il vient d’avoir des jumeaux. Ce diplôme, il l’effectue en continue, tout en étant toujours directeur financier d’une société fournissant de l’équipement pour forages pétroliers.
Le deuxième a réussi Sciences Po Paris. A fait un DESS là-bas et a un poste à haute responsabilité dans une mutuelle.
Le troisième a fait toutes ces études brillamment à l’Université de Marne-la-Vallée, finissant avec le DESS AIGEME et a lui aussi un poste à hautes responsabilités.

J’arrivais derrière tout ça, la seule chose pour laquelle j’étais doué était le dessin, avec lequel j’avais comblé les longs moments d’ennui que comportait mon enfance…


En pensant à cet article, il y a quelques jours, avec Phi, on a revu « Le péril jeune » de Cédric Klapish.
Mythique.
La première fois que je l’avais vu, c’était sur Arte, la diffusion télé avant la sortie en salle. L’on était pourtant tombé dessus en zappant par hasard avec mes 3 grands frères. Inoubliable.
Bref, ça m’a forcément rappelé mes 16 ans (faut dire que j’ai un pote qui était un vrai faux sosie de Chabert), et une soirée « squatte et pétards dans un garage de pavillon du 77 » de l’époque, où l’on jouait à « et toi t’imagines que seras où dans 10 ans ? » -avec nos cheveux longs et nos baggys, on n’était pourtant pas fans de Patrick Bruel.
Je suis de la génération Kurt Cobain-Metallica-Deftones-Korn, tout autant que de celle du Hip Hop, très Kery James puis DJ Medhi, d’Idéal J à « Lucky Boy ».
Le premier CD single que j’arrivais à m’acheter avec mes économies (je n’ai jamais été économe) était « All apologies » de Nirvana, sorti peu de temps avant sa mort alors que mon  premier album CD était « Paris sous les bombes » du suprême NTM.

Bref, à l’époque, dans le garage, j’étais typiquement le genre à lancer ce type de discussions, faut dire aussi que j’ai toujours été un peu stressé sur mon âge, par rapport à ce que j’expliquais des épisodes de ma vie précédemment, mais aussi parce que j’ai toujours eu peur de ne pas en avoir profité assez.

Alors je me suis fait un équivalent de « Todo list » : ce que je veux faire de ma vie.
Dedans, pas de place pour « fonder une famille, avoir un pavillon de banlieue et travailler à la banque ». Bien que la conseillère d’orientation m’ait fortement déconseillé de tenter cette voix, je choisissais de faire une année de prépa en école d’Art, à l’ESAG, à Paris. Pour la financer, j’avais travaillé pendant l’été, mes parents en payaient une partie, et l’un de mes grands frères le reste. (j’ai des grands frères formidables)
Cette année de prépa fut difficile.
 Je rencontrais là-bas plus forts et plus travailleurs que moi.
J’ai réagi l’année suivante et ai réussi un concours d’entrée au Gobelins, en tant qu’assistant Réalisateur multimédia.
Oui, je suis également de la génération Y, celle de « la bascule » technologique, dans laquelle j’allais trouver ma voie.
J’allais effectuer cette année en alternance et, du coup, commencer ma vie professionnelle.
 A partir de là j’allais enchaîner les bons stages, les bonnes rencontres, les bonnes études « Maîtrise de Sciences et Techniques Audiovisuel et Multimédia » (mention bien) puis plus tard « Management de Projets Numériques Interactifs » également à Gobelins. Mes stages, mal payés, allaient me permettre de me dépasser et surtout par faire mes preuves.
Autant dire j’ai énormément travaillé, laissé de côté ma vie de fumeur-de-pétards-rêveur-banlieusard, baissé la tête et tout donné : acceptant le statut du stagiaire longue durée tout comme celui du freelance sous payé pendant des années.
Et ça a finit par payer.
J’ai eu la chance de fonder ma boîte avec deux amis et de vivre un rachat, et surtout de rencontrer, puis recruter La Dream Team dont j’avais toujours rêvé.
Avec tout ça, j’ai pu rayer un bon nombre de mes objectifs de ma Todolist, dont celui de ne plus avoir de prêt étudiant.

Peu avant, à 28 ans, j’avais la chance d’avoir une copine merveilleuse, belle et intelligente, une fille que j’avais toujours regardé à l’autre bout de la cours du lycée, et que j’ai finalement rencontré des années après, dans mon salon : elle s’installait 50 mètres plus loin en colloc avec la copine de mon colloc. Je ne sais pas si c’est très compréhensible mais, en gros, c’était un peu « friends », et elles s’étaient Monica et Rachel.
Ça a été rock’n’Roll 2 ans et demi.
Et puis j’ai décidé de faire ce tour du monde, sans toi.
On me dit souvent que j’ai l’air d’avoir des regrets, de la nostalgie ou de la « saudade » quand je parle de cette époque. Ceci dit, je ne me plains pas d’être célibataire sur un voyage comme celui-là. Et si j’ai rencontré quelqu’un avant de partir, et que ça a foiré, ce n’est pas plus mal non plus.
Tu m’as laissé partir, faire le choix de ce tour du monde, histoire de rayer, les derniers items de ma liste.

Je suis donc arrivé à 30 ans en ayant presque tout planifié.
Mis à part peut être que j’allais jouer à saute-mouton cette nuit là en revenant du Canal Saint Martin, et que le béton ça fait mal quand on se rate. Mais c’est une autre histoire.
Je suis arrivé à 30 ans, en ayant crée ma boîte Fcinq (Dream Team), en ayant travaillé pour un artiste que j’aime, Oxmo Puccino, en ayant fait des affiches de films (même si c’est des films d’auteurs sortis sur 5 copies), en ayant fait prof à Marne-la-vallée (reprezent), en ayant réalisé mon premier clip officiel, en ayant des amis en or, bref j’étais accompli, et mon congé sabbatique venait à peine d’être déposé.
Je m’offrais comme cadeau de voyager, de faire des rencontres et poser mon tablier d’artisant pour enfin travailler pour mes projets.

Pour parler du voyage, tout vient en même temps, alors je te mets tout dans le désordre :
tant des couleurs, tant de sourires, et notamment l’Inde, ces familles entières sur un scooter, des femmes en sarih en amazone, de la pauvreté aussi, des gens qui dorment comme des chiens , d’ailleurs à côté des chiens, des couchés de soleil dans la brume, descendre la RH 17 en moto, et plus récemment apprendre à plonger à Koh Tao, l’eau bleue turquoise de Thaïlande, ses trains de nuits et ses bars malsains, pas loin de rappeler les bus de 24h en Argentine et les nuits sans sommeil de Buenos Aires…Bref je pourrais débiter sans m’arrêter, mais en résumé, à 31 ans, je me sens vraiment chanceux.


A 31 ans, je vis mon tour du monde comme ma vie, j’essaie de profiter de chaque moment. Chaque couché de soleil vaut le coup d’être vécu !
Je laisse les grandes questions de ma vie, au moi que je serais à mon retour. Pas le moment d’y penser.
Ah oui ! Sinon, à 31 ans, je vais arrêter de raconter ma vie sur Internet. Pour ça, vivement que j’ai fini ce projet :)


Mais bref,
j’ai 31 ans
et je pourrais mourir demain, sans regret, sans remord.


par @jozue 

PS: Maintenant que j’ai fini cet article je vais pouvoir aller tester l’opium :p 
PS 2: Merci aux amis qui me pokent quotidiennement, c’était pas fait pour ça, mais ça me rappelle que vous pensez à moi ;)
[édité le 14.06.11] 

Notre voyage est un gros gateau d’anniversaire, et josué vous en a gardé une part.

L’Inde du Sud, 2 min 40 et quelques bonus… Cadeau

Se mettre à poil

Certains partent en voyage comme nous, plus ou moins en tour du monde, avec une thématique : le faire à vélo, en tandem, en ballon, à pied, en train, -j’ai même vu en skateboard- ou de réaliser un documentaire (et que sais-je encore).
Personnellement, je n’avais comme thématique que d’essayer d’en faire une année égoïste, où je travaillerais pour moi, sur un projet personnel. Ce projet, c’était de raconter ce tour du monde, en essayant d’exploiter au mieux les capacités du multimédia, ses réseaux sociaux et ses différents médias disponibles. Essayer d’avoir un ton différent, de ne pas faire des articles sur l’heure de notre avion de 1h33 du matin, ou de la mauvaise digestion de Phi ces derniers jours.
Avec plus ou moins de réussite, tout cela a donné 11 mois sans toi(t).

J’aurais dû réfléchir peut être un peu plus avant, car ce n’est finalement pas une petite entreprise… [j’ai un peu de mal à y mettre à jour mes tweets par exemple, mais il faut dire que je n’ai plus de téléphone 3G depuis plus de 5 mois et que l’on n’a plus qu’un ordi pour deux.]
Mais  j’aime aller au bout de mes projets, ce projet « 11 mois sans toi(t) » c’est un peu le projet d’étudiant que je n’avais jamais fait. Faut dire que je n’avais jamais eu d’aussi bon développeur dans ma classe que Seb, mon ami-associé-co-fondateur :)
Et puis ce projet m’a permis de réaliser mon premier clip officiel, un vrai rêve de gosse.

Bref, j’espère avoir la patience et prendre le temps d’alimenter tout ceci jusqu’à mon retour.
Par contre ce projet, n’aura vraisemblablement pas de suite : si je devais le refaire, il faudrait me payer pour ça !

Pour finir, quelque part, les vidéos, mes carnets, mes articles, mes photos, ça a  le grand mérite de m’occuper, car  parfois, on a beau être en voyage, il est possible de s’ennuyer.
Pour  le coup avec tous les projets que je me suis mis dans les pates, ce n’est pas mon cas.
J’ai d’ailleurs un projet en cours avec Cyril  que je ne finirais sûrement pas d’ici la fin du voyage.

Mais bref, là où je voulais en venir c’est que : l’image, le dessin, la vidéo, la création, cela à beau être ma passion, cela m’est parfois difficile. Et finalement pas tellement pour le temps que cela prend, mais parce que souvent j’ai l’impression de me mettre à poil, de dévoiler des choses sur moi que je n’aurai, sans ce projet, certainement jamais dévoilé sur le net. Et je ne l’avais pas imaginé à ce point… 
Faut dire j’écris cet article alors que dans le même moment j’en écris un autre, à propos des actualités vues d’ici –pour toi Didier, l’un de nos uniques lecteurs :) –où je mets un peu de moi dedans.
Et je me dis qu’heureusement, ce projet reste quelque chose d’assez confidentiel  au vu du nombre de connexions … ouf :)

Ah oui, soyez rassurés pour mon acolyte, Phi, j’essaie de rendre ça le plus léger possible pour lui (les heures de montages, la retouche des photos, etc), et profite essentiellement des instants comme aujourd’hui (en attente de notre vol pour Bangkok) ou des journées repos (il en faut sur 11 mois de voyage) ou encore de nos nuits, pour travailler, ce qui ne perturbe pas trop notre agenda. 

Et puis tourner des images, je sens qu’au fur et à mesure, finalement, il y prend goût :p

Par @jozue

Premier clip officiel.
Un condensé de nos six premiers mois de voyage, donc un peu un best of.

Bref, pour acheter l’album c’est , et n’hésitez pas à partager le clip :)


Sydney - Melbourne - Sydney, et des vues d’avion de la région de Brisbane.

En Australie, j’ai vraiment eu la flemme d’emmener et de sortir mon appareil régulièrement, le rendu est donc très partiel, 
quoiqu’il en soit merci à tous les gens présents dans cette vidéo, j’ai passé un très bon moment là-bas. Et j’y retournais, un jour, et prendre les images manquantes.

Mon 550D, Phi, un Van, La Nouvelle Zélande et Ben Harper. 
4 minutes de souvenirs pour toute une vie.

J’en profite pour souhaiter un joyeux anniversaire à Fcinq http://www.fcinq.com/ pour ces trois ans

(trois ans que je suis dans la même boîte -même en congé sabbatique, ça compte-je fête ça ce soir!) 

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